Communiqués

Position du BEA sur l’avant-projet de décret définissant le paysage de l’enseignement supérieur et l’organisation académique des études ⚓

 

Le projet de décret du Ministre Marcourt sème l’émoi parmi les acteurs étudiants et institutionnels de l’enseignement supérieur francophone. Face au bouleversement annoncé, le BEA, organe de représentation des 24.000 étudiants de l’Université libre de Bruxelles, tient à se positionner dans ce débat déterminant pour l'avenir de l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Titre I - De la structure et du paysage de l’enseignement supérieur

La réforme du paysage en pôles géographiques et la création d’une structure syncrétique coordonnant ceux-ci (ARES) est présentée comme une hérésie par certains. Elle nous semble au contraire constituer une base, largement perfectible, mais nécessaire au débat devant être mené quant à l’harmonisation et la rationalisation du paysage de notre enseignement supérieur organisé jusqu’ici en réseaux.

Cependant, divers points posent encore question. Il nous apparaît en particulier essentiel que la réforme tende à une meilleure harmonisation et soit vecteur de synergies au sein et entre les différents pôles, sans toutefois exacerber inutilement la concurrence entre établissements.

Titre II - Organisation des études et statut des étudiants

Si le titre I de l’avant-projet fait actuellement l’objet de vifs débats, nous entendons également mettre en exergue - à l’instar de nombreuses organisations représentatives des étudiants - les conséquences potentiellement dramatiques et encore trop peu médiatisées de son titre II, relatif à l’organisation des études et au statut des étudiants.

Le Bureau des Etudiants Administrateurs s’oppose fortement à cette partie de l’avant-projet - remettant en cause de nombreux droits étudiants - et déplore le manque de concertation avec les organisations étudiantes lors de son élaboration, ce qui oblige ces dernières à réagir a posteriori. Divers points posent particulièrement question ; nous insisterons ici sur certains que nous jugeons essentiels.

Tout d’abord, nous nous opposons fermement à la possibilité pour les établissements de plafonner le nombre d’étudiants qu’ils accueilleront, ce qui pourrait mener à l’instauration de quotas et entraver la liberté d’accès aux études supérieures. De plus, le texte dans sa version actuelle ne prévoit aucune modalité organisant ce mécanisme de sélection, ce qui laisserait la porte ouverte à un examen d’entrée généralisé, un concours ou des interminables files d’inscription.

Ensuite, nous rejetons le remplacement proposé des années académiques au profit d’un parcours personnalisé par cycle de 180 (bachelier) ou 120 (master) crédits ECTS. En effet, ce système, en plus de détricoter la formation de l'étudiant, enlève toute cohérence pédagogique dans la chronologie des cours proposés -on ne vient pas à l'Université comme on fait ses courses !

De manière générale, cet avant-projet n’apporte aucune solution à la problématique du sous-financement de l’enseignement supérieur, mais se contente au contraire de “gérer la misère” et de figer à titre transitoire la clé de répartition actuelle de l’enveloppe budgétaire fermée, sans prévoir aucune solution à terme.


En conclusion, si le Bureau des Etudiants Administrateurs partage en partie l’esprit des réformes sous-tendant la réorganisation du paysage de l’enseignement supérieur, il juge inacceptable nombre d’aspects de l’avant-projet de décret relatifs à l’organisation des études et au statut des étudiants.